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L’écriture : la passion grandissante d’Alice

Alice Pery, aveugle de naissance, a écrit son premier livre – et non le dernier ! – à l’âge de 12 ans.

Depuis son plus jeune âge, Alice est passionnée par les histoires. Nous étions toujours à la recherche de nouveaux CD d’histoires racontées. Nous lui lisions régulièrement de petits livres. Dès la maternelle, Alice voulait apprendre à lire. Alors scolarisée en intégration dans une maternelle à Compiègne, avec le soutien du SAIDV (Service d’Aide à l’Intégration des enfants et adolescents Déficients Visuels) d’Agnetz, elle jouait avec les lettres et les syllabes. Elle a très vite acquis la lecture des 6 points. Ses petits doigts couraient à une vitesse folle sur le papier braille. On peut dire qu’en primaire elle dévorait déjà les livres.

Ne trouvant pas suffisamment de livres de son âge, et surtout des livres récents, nous avons créé une petite chaîne d’amis et collègues de travail qui lui tapaient des livres et les week-ends, la maison se transformait en atelier d’impression et de reliure pour le plus grand plaisir d’Alice. Mais les bibliothèques se sont très vite remplies (la CDES* nous avait permis d’acheter une imprimante braille).

Heureusement, l’ERDV (École Régionale pour Déficients Visuels) de Loos, où nous avons décidé de scolariser Alice dès ses 6 ans, faisait travailler les enfants sur un IRIS, matériel fabuleux mais si cher ! Alice a très vite appris à s’en servir et elle s’est créé un petit fichier pour y mettre toutes les petites nouvelles qu’elle a commencé à écrire.

Grâce à ses diverses lectures, son vocabulaire était déjà très riche.

Nous voulions absolument que n’importe quel livre lui soit accessible. En grandissant, elle nous demandait souvent des documentaires, mais en braille, cela n’existe pratiquement pas ou ils sont très enfantins et cela ne lui apportait rien. Elle était souvent déçue. Par conséquent, nous avons investi dans un très bon scanner, ainsi Alice peut enfin lire n’importe quel ouvrage et même les plus récents, ceux que tous les autres jeunes voyants lisent ! Bien sûr, il faut ajouter le temps de scanner le livre et d’y apporter les quelques corrections. Nous lui mettons ainsi les livres de son choix sur sa clé USB et ainsi Alice peut les lire sur son IRIS prêté par le collège même le week-end.

Nous pensons que toutes ses lectures lui ont beaucoup ouvert l’esprit et fait travailler son imagination. Elle a rédigé des nouvelles de plus en plus longues et passionnantes. Ses différents professeurs étaient impressionnés par la qualité de ses écritures et de plus sans fautes.

Un professeur de l’INJA (Institut National des Jeunes Aveugles) à Paris, sa nouvelle école depuis la 6e, nous à incités à éditer ses histoires, mais nous n’avons pas réagi de suite, nous ne savions pas comment faire.

Puis nous avons vu Alice écrire de plus en plus chaque week-end. Elle avait déjà son plan mais ne nous en disait rien. On la voyait sourire, parfois rire toute seule en écrivant. De temps en temps, elle nous disait le nombre d’octets que faisait son histoire mais nous ne nous rendions pas compte de ce que serait le produit fini. Nous lui précisions que le principal, c’était la qualité et non la quantité. Mais pour finir, nous avons été très surpris lorsque nous avons mis son histoire sur clé USB pour l’installer sur notre ordinateur pour enfin la lire, cette histoire qu’elle gardait secrète. Et là, surprise, nous nous trouvions devant un vrai livre de 250 pages ! Après lecture, nous étions ébahis.

Nous l’avons fait lire à plusieurs personnes car nous parents, nous trouvons toujours magnifique ce que font nos enfants. Il nous fallait donc des avis de personnes détachées. Et une fois de plus, on nous a conseillé de le faire éditer. Ce que nous avons fait avec de l’aide. Nous avons mis du temps à nous lancer dans cette aventure, mais aujourd’hui, quelle fierté de voir le nom de notre fille sur la couverture ! Et le livre se vend très bien de bouche à oreille.

Alice est aussi très contente, elle travaille déjà à son prochain roman qui sera selon elle très différent mais non moins passionnant.

En fera-t-elle son métier ? L’avenir nous le dira mais en tout cas, nous la voyons forcément poursuivre ses études dans une filière littéraire. L’écriture c’est vraiment sa passion.

Et nous pensons à tous les parents d’enfants différents, que cela puisse les encourager de savoir qu’ils peuvent réussir même mieux que les enfants ordinaires.

M et Mme Pery

* CDES : Commission de l’Education Spéciale (remplacée par la CDAPH au sein de la Maison Départementale des Personnes Handicapées).

A consulter

Couverture du roman A chacun son mutantA chacun son mutant par Alice Pery (fiction, à partir de 10 ans).
« En 2071, des scientifiques du monde entier parviennent à combiner des animaux d’espèces différentes pour créer de nouvelles espèces hybrides. Ils font en sorte que ces animaux se multiplient. Cela ne dérange personne, car ils n’utilisent que des espèces inoffensives ; les gens sont même très intéressés et en prennent comme animaux de compagnie.
Mais des laboratoires secrets avec des chercheurs  fous font la même chose avec des animaux dangereux. Dès lors, tout dégénère… »

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